L'enquête NOYADES 2006 a enregistré, durant les 4 mois d'enquête, 211 cas de noyades en piscines (tous types de piscines confondus), dont 166 en piscines privées :
Parmi les 119 noyades en piscines privées familiales, 70 étaient enterrées et 34 hors sol. Dans 15 cas, le type de piscine n'était pas spécifié.
La loi n°2003-9 relative à la sécurité des piscines oblige les propriétaires de piscines privées enterrées, qu'elles soient à usage individuel ou collectif, à disposer d'un dispositif de sécurité normalisé au 1er janvier 2006.
Les dispositifs de sécurité sont de quatre types : volet roulant, abri, barrière, alarme. Ils sont désactivés lors des baignades et n'apportent dans ce cas aucune protection. L'approche au cas par cas ci-dessous s'intéresse donc essentiellement aux noyades en dehors de la baignade.
Les 38 noyades d'enfants de moins de 6 ans en piscines privées familiales enterrées (PPFE) ont été suivies de 12 décès. Sur ces 38 noyades, 16 ont eu lieu en dehors d'une baignade :
Les trois noyades d'enfants de 6 à 12 ans en PPFE sont survenues lors d'une activité de baignade.
Il y a eu 42 noyades de personnes de plus de 12 ans en PPFE, dont 29 enterrées, 6 hors sol, 7 non spécifiées.
Parmi les 29 noyades en PPFE, 8 sont survenues en dehors d'une activité de baignade :
Parmi les 47 noyades en piscines privées à usage collectif (PPUC), 35 piscines étaient enterrées, aucune hors sol. Dans 12 cas, le type de piscine n'était pas spécifié. On a fait l'hypothèse que toutes ces piscines étaient enterrées.
Sur les 47 noyades en PPUC enterrées ou assimilées :
1. L'enquête NOYADES 2006 rend compte d'un total de 14 décès en dehors d'une baignade en piscines privées enterrées, dont 4 seulement ont eu lieu en présence de dispositifs de sécurité activés, non conformes dans trois cas (barrière défaillante, bâche), le dernier cas étant dû à un malaise lors du nettoyage de la piscine.
Les enfants de moins de 6 ans constituent la plus grande partie de ces décès : 8 sur 14. Ces 8 décès ont eu lieu soit lorsque le dispositif n'était pas conforme, soit inexistant, soit lorsqu'il était inopérant. Par ailleurs, sur les 8 noyades non suivies de décès d'enfants de moins de 6 ans, 3 ont eu lieu alors qu'un dispositif de sécurité conforme était en place.
Cette juxtaposition de résultats est plutôt en faveur d'une certaine efficacité des dispositifs de sécurité. On peut supposer que les dispositifs en place ont pu contribuer à garder la vie sauve à certains enfants. On peut aussi supposer que l'absence de dispositif a pu représenter, pour d'autres enfants, l'absence de « dernière protection » contre la noyade.
Ces conclusions doivent être considérées avec prudence. Elles reposent sur des données peu nombreuses et souvent incomplètes : dans plusieurs cas, on ne dispose pas d'information sur l'existence ou l'activation des dispositifs de sécurité, et on ne peut donc rien dire de l'éventuelle protection qu'ils apportent. De plus, ces informations sont déclarées directement par les secouristes qui ont pu, en fonction de la gravité de la situation, être influencés dans leurs réponses (notamment sur la notion de conformité des dispositifs de sécurité). Ces biais de déclaration sont impossibles à estimer et peuvent avoir une grande influence sur les résultats.
Une investigation au cas par cas sur place après la noyade devrait être organisée pour obtenir des conclusions plus précises.
2. Sur les 117 piscines enterrées dans lesquelles a eu lieu un accident de noyade, moins de la moitié (n=57) possédait un dispositif de sécurité déclaré. La loi, entrée en vigueur au 1er janvier 2006, est donc loin d'être respectée sur ce sous-ensemble de piscines.
3. La loi permet de choisir parmi 4 types de dispositif de protection. L'enquête ne permet malheureusement pas de hiérarchiser l'efficacité des dispositifs les uns par rapport aux autres.
Une investigation spécifique plus lourde, qui déborde les missions de surveillance épidémiologique de l'InVS, serait là aussi nécessaire pour vérifier les degrés d'efficacité des dispositifs conformes bien installés (volet roulant, puis abri, puis barrière, puis alarme).
4. Par définition, toutes les noyades d'enfants collectées dans l'enquête sont dues à un défaut de surveillance efficace. Celui-ci a d'ailleurs été spécifié dans les deux tiers des noyades d'enfants de moins de 6 ans en PPFE. On doit rappeler qu'aucun dispositif ne remplace la nécessité de faire surveiller les enfants, de manière rapprochée, par un adulte. Ces dispositifs ne doivent en aucun cas entraîner une diminution de la vigilance des parents et adultes responsables.
L'enquête a retrouvé, comme les années précédentes, que les victimes de noyades lors d'une baignade portaient rarement (3 enfants sur 22, tous non décédés) un « équipement de protection individuelle » (brassard par exemple). Ces équipements constituent, après la surveillance rapprochée, un obstacle à la noyade.
Les noyades d'adultes en piscines privées enterrées sont le plus souvent la suite d'un malaise.
Des conseils de prévention sont donc à adapter à l'intention des plus de 45 ans à cet égard.
Source :
Institut de Veille sanitaire français
Haut de page - Accueil -
Plan du site - Ajouter aux favoris -
- Lettre d'information - Envoyer à un ami - Espace client - Nous contacter
Copyright © 2007 Securyploof - Tout droits réservés - Photos non contractuelles - Dernière mise à jour le
mardi 23 octobre 2007